Dans la mythologie hindoue, c'est le dieu Brahmâ qui créa le théâtre et la danse,

pour permettre aux êtres humains de comprendre les textes religieux.

La danse y est « codifiée »,

c'est-à-dire que chaque mouvement du corps est réglementé :

 - Les mouvements généraux du corps (les règles de la nritta).

        - Les expressions du visage et les gestes des pieds et des mains

(les règles de la nritya).

Il existe au moins huit styles de danses qui se sont développés

dans les différentes régions de l’Inde.

 

Les mudras sont les positions et les gestes des mains utilisés

dans la danse indienne classique.

Chaque mudra a une signification : il peut exprimer un sentiment, une action, un dieu, un élément naturel (eau, feu, vent, etc.).

Il existe au moins 28 mudras formés à l’aide d’une seule main, et au moins 23 mudras formés à l’aide des deux mains !

A l’aide de ces mudras essentiels, le danseur ou la danseuse,

peut créer une multitude de combinaisons.

En Inde, les arts sont considérés comme un présent des dieux aux hommes pour qu’ils acquièrent un mieux vivre esthétique et spirituel.

Les textes anciens révèlent qu’avant le commencement de toute chose, Brahmâfut l’ordonnateur,Vishnou le régulateur

et Shiva à la fois le destructeur et le continuateur.

Ce sont trois principes à la fois complémentaires

et indissociables dans toutes les manifestations

de la vie et de la création artistique.

La danse est éternelle pour les Indiens grâce à la relation intemporelle

qu’elle entretient avec la source divine.

Le temps ne se déroule pas d’une manière linéaire, il s’agit d’un temps circulaire qui revient toujours de la même manière.

La danse est cependant soumise au plaisir divin de l’instant : cet acte gratuit et éphémère reproduira à l’infini le processus naissance/permanence/résorption.

La danse s’accorde sur les rythmes de la nature. Elle représente l’unité : là où se fondent les contraires, les énergies multiples de l’univers ainsi que les débuts de la parole. A l’origine, la danse, la musique et les arts dramatiques relevaient du même concept. Il s’agit de la traduction d’un poème lyrique.

Aujourd'hui, les danses ne sont plus interprétées dans les temples

mais dans les théâtres.

Cette évolution a entraîné la remise en question des concepts fondamentaux des arts du spectacle et a donné naissance à un répertoire élargi.

Ce tournant contemporain a engendré un renouveau dans la démarche

des artistes face à ce nouveau public.

Les danseurs doivent s’adapter aux nouvelles exigences

et à une nouvelle transmission du sacré dans notre monde.

La danse indienne exige indépendance et simultanéité des fonctions.

Elle est dirigée et ressentie par une volonté intérieure.

Cette discipline comporte des particularités : des frappes de pieds rythmées

qui percutent le sol, une traduction corporelle des sentiments, des mouvements et une gestuelle asymétrique, des expressions du visage et du regard.

Ces différents aspects requièrent des aptitudes physiques,

dramatiques, musicales.

 

Les vestiges les plus anciens retrouvés sur le continent indien datent d’environ mille ans avant Jésus-Christ, au moment

où les Aryens arrivent en Judée.

Il s’agit d’une petite statuette de pierre pouvant représenter un dieu dansant et d’un petit bronze qui semble représenter une danseuse nue.

Celle-ci a les bras et les jambes pliés au niveau des articulations. Ces pièces ont été retrouvées dans la vallée de l’Indus lors de fouilles archéologiques.

Cette culture fut progressivement effacée par l’invasion des Indo-européens qui se répandirent entre 2000 et 1500 dans la vallée Indo-Gangétique.

Les dieux des envahisseurs ajoutèrent à leurs fonctions originelles

celles des divinités locales.

La fonction de cet art en Inde est comparable

à celle qu’on a constaté dans les cultures occidentales à la même époque.

L’univers n’a pas de substances dans la cosmologie hindoue.

La matière, la vie et la pensée ne sont que des relations énergétiques rythmées par leurs mouvements et leurs attractions mutuelles.

Le phénomène qui donne naissance au monde est un principe

harmonique et rythmique.

Il est symbolisé par le rythme des tambours

et les mouvements de la danse de Shiva :

« Shiva en tant que principe créateur, ne profère pas le monde, il le danse »

C’est de l’ébranlement des pas de Shiva que le monde vit ou revit :

le martèlement de ses pas fait renaître la vie du monde des ténèbres.

Il existe huit styles de danse classique en Inde :

Le Bharata Nâtyam, le Kathak, le Manîpuri, le Kathakali, le Mohini attam, le Kuchipudi, le Chhau et l’Odissi.

Le Bharata Nâtyam

Le Kathak

Le Kathak est un autre style de danse indienne qui semble être une forme laïcisée du Bharata Nâtyam.             

Ce type de danse est pratiqué dans la partie de l’Inde du Nord qui fut occupée par les musulmans au début du XIIe siècle.

Sous la pression des envahisseurs, la danse a dût perdre sa dimension religieuse.

Les danseuses abandonnèrent leur monopole quant à l’exécution des danses.

De ce fait, le Kathak mit l’accent sur les performances techniques.

Ses pas, appelés "paran", présentent des combinaisons rythmiques très compliquées.

Le Manipuri

Le Manîpuri est usité dans la vallée de Manîpur.

Cette danse a pour base des rites de fécondité antérieurs à la brahmanisation de cette région.

La chorégraphie la plus ancienne du Manîpuri est le Lai Haraoba. Il s’agit d’une danse saisonnière qui s’adresse aux divinités agraires locales qui sont célébrées au printemps. Celle-ci comporte des soli, des variations à deux,

hommes et femmes ainsi que des pas réalisés par des groupes de dix à vingt personnes, en cercle ou en demi-cercle.

Le Lai Haraoba se célèbre devant l’emplacement qui est censé être la résidence temporaire des divinités agraires locales. Les prêtres et prêtresses de ces divinités sont les solistes de ces danses.

En dehors de ces représentations ils sont sorciers, guérisseurs ou adeptes de la transe.

Les danses manîpuri sont les plus faciles des danses indiennes.

Ces danses appartiennent au style lasya caractérisé par sa douceur et réservé aux femmes.

Les mouvements de la tête et des yeux si importants dans le Bharata Nâtyam n’existent pas ici.

Les mudrâ sont utilisés mais uniquement comme gestes dépourvus de signification.

Le Kathakali

Le Kathakali est un ballet sacré, on peut le qualifier de théâtre dansé. Il n’est pas aussi ancien que le Bharata Nâtyam,

en effet, il est apparu sous sa forme actuelle au milieu du XVIIe siècle.

Cette danse est un récit de combat, qui fait référence aux guerres primordiales entre les dieux et les géants.

Ce ballet a une mise en scène effrayante et les thèmes sont souvent sanguinaires.

Les danseurs-acteurs portent des masques inhumains

et les gestes techniques sont souvent des mouvements violents et des sauts bruyants.

Dans les premiers temps, le Kathakali était exécuté dans des temples, mais ceux-ci étant interdits aux sudra,

ce spectacle a été déplacé afin que toutes les castes puissent y avoir accès.

Aujourd’hui, les représentations de Kathakali attirent des foules importantes

car le ballet comporte parfois des passages humoristiques.

Le Khatakali nécessite de longues années d’apprentissage. Souvent, le danseur commence à étudier à l’âge de huit ans pour ne paraître en public qu’à l’âge de dix-huit ans. Il doit être à la fois capable de retenir les textes épiques

et de les réciter par cœur, il doit connaître les combinaisons rythmiques ainsi que des centaines de mudrâ.

Dans cette danse, les mudrâ sont non seulement la transcription de sentiments comme dans le Bharata Nâtyam,

mais aussi des traductions de phrases entières en sanskrit.

Cette discipline nécessite également une grande souplesse et une musculature particulière.

Lors de l’exécution de cette danse, les danseurs se trouvent dans un état de transe qui leur permet de réaliser

des performances dont ils ne seraient pas capables dans la vie de tous les jours.

Le Mohiniyattam

Le Mohiniattam, comme le Kathakali, est une danse du Kérala dans l’Inde du sud.

Cette danse féminine est née vers le Xe siècle et devint un style classique au début du XIXe siècle.

Certains mouvements sont empruntés au Kathakali comme les grands pliés en seconde et les rotations du buste.

Les frappes de pieds quant à elles, sont issues du Bharata Nâtyam.

Le costume traditionnel est le plus souvent blanc avec des franges rouges.

Le Kuchipudi est une danse pratiquée dans l’Inde du sud, sur la côte est.

A l’origine, cette danse était la spécialité des devadasis.

Elle fut ensuite interprétée à partir du XIVe siècle par les brahmanes.

La technique de cette discipline ressemble à celle du Bharata Nâtyam.

Les danseurs doivent être à la fois bons chanteurs et comédiens.

Ce style comprend des drames dansés ainsi que des danses dévotionnelles.

Le Kuchipudi

Le Chhau

Le Chhau est une danse pratiquée dans l’Inde du Nord-Est, dans l’Orissa.

Dans cette discipline, surtout pratiquée par les hommes, les danseurs portent un masque

et c’est le jeu de pieds qui remplace l’expression du visage et les mudrâ.

Dans ce style de ballet, les danses sont courtes et elles expriment des légendes.

Chaque personnage correspond à un masque précis qui évoque un sentiment appelé rasa.

L’accompagnement n’est pas chanté, un musicien entonne simplement de syllabes rythmiques.

L'Odissi

L’Odissi est une danse du Nord-Est de l’Inde. Elle est principalement pratiquée dans l’état de l’ Orissa.

Celle-ci existe depuis le IIe siècle avant Jésus-Christ.

Elle fut pratiquée dans les temples dès le Xe siècle puis en dehors.

Elle fut alors interprétée par de jeunes garçons travestis, les gotipuas.

En 1956, cette danse fut portée à la scène. Elle est caractérisée par des mouvements amples des bras, des grands pliés, des frappes de pieds aux rythmes complexes ainsi que par une grande interprétation lyrique.

Les danses folkloriques ... Rajasthan - Banghra ...

De la danse indienne classique aux films " Bollywood"

Le cinéma indien prend son essor au début du XXème siècle.

Il s’agit de films issus d’histoires et de farces du théâtre populaire.

Le héros est un être presque parfait, la victime est une innocente, et le serviteur a un rôle comique.

Dans les années 1920, on trouve la danse classique indienne dans des films d’histoires de dieux hindous (mythologie).

En 1932, sort le premier film musical, fait exclusivement de 71 chansons : Indra Sabha.

Dans les années 40, les chorégraphies deviennent de plus en plus importantes dans les films indiens.

Les actrices sont choisies en fonction de leur capacité de danser plus que de jouer la comédie.

A la fin des années 70, apparaît le cinéma Bollywood.

C’est le nom donné à l'industrie cinématographique indienne de la ville de Bombay.

Le nom provient de la contraction du nom de la ville indienne Bombay et du nom du quartier Hollywood,

situé dans la ville américaine Los Angeles, où se trouve l’industrie cinématographique.

Aujourd'hui, l'Inde est le plus gros producteur de films dans le monde avec plus de 8oo films par an.

- Les films sont un moyen d’évasion et de rêve.

- Ils ont souvent lieu dans des décors fastueux.

- Les films durent très souvent plus de 3 heures.

- Les morceaux dansés sont aussi chantés.

- Il y a en moyenne 6 danses chantées par film.

- Les sujets principaux sont des histoires de familles,

des problèmes de castes, des amours contrariés ou impossibles…

Caractéristiques des films Bollywood

Caractéristiques de la danse Bollywood

Aujourd'hui, la danse « Bollywood » est un style de danse à part entière. C’est un mélange de danses classiques et folkloriques indiennes, et de danses actuelles internationales (modern jazz, hip hop, danse orientale).

Le héros ou l'héroïne danse rarement seul(e).

Souvent vêtu(e) de vêtements luxueux, il (elle) est accompagné (e) d’une troupe ou un chœur de danseurs (ses).

Les décors sont très souvent chics et soignés, ils rappellent l’univers magique des contes de fées.

Les danseuses évoluent avec élégance, délicatesse, grâce et légèreté, mais avec une grande maîtrise corporelle.

Souvent, comme dans la danse indienne classique, toutes les parties du corps sont utilisées pour danser,

Le placement de chaque geste est précis et intentionnel : aucun n’est approximatif ou résulte du hasard.

Chaque détail est important, les différentes positions de la tête, l’expression du visage, des yeux,

jusqu'aux positions de chaque doigt et de chaque orteil ! Le corps est fermement enraciné au sol.

- Le bassin, le tronc, les membres et la tête forment des axes nettement dessinés.

- Les parties du corps sont contrôlées indépendamment. Mais tous les segments du corps sont unifiés et fluides.

Ils forment une élégante et harmonieuse géométrie. Ils coïncident avec précision au rythme de la musique.

- Les arrêts brefs en position de statues, ainsi que les mudras (jeux de mains), rappellent les divinités indiennes.

- Le visage est important pour accentuer les expressions. Il rappelle le masque et le théâtre.

Il peut également y avoir des sauts, des fentes, des tours, des équilibres difficiles.

Quelques actrices et acteurs célèbres ...

Aishwarya Rai

Priyanka Chopra

Hrithik Roshan

Madhuri Dixit

Rani Mukureje

Deepika Padukone

Kajol

Sharukhan

Amitabh Bachchan